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Catastrophe de 1906 Imprimer

Sallaumines porte dans son histoire une journée douloureuse : le 10 mars 1906. Ce jour-là, vers sept heures du matin, malgré les travaux soi-disant " de protection ", c’est l’explosion. 1099 mineurs dont 274 sallauminois trouveront une mort atroce.

La catastrophe de la Compagnie des mines de Courrières a en fait touché les fosses 3 de Méricourt, 4/11 de Sallaumines et 2 de Billy-Montigny. Elle reste dans l’histoire comme l’une des plus graves catastrophes minières et a eu un impact international.

Le gouvernement de l’époque décora de la légion d’honneur quelques survivants et expédia sur place des milliers de gendarmes et de soldats pour mater les mineurs qui s’étaient mis en grève et criaient leur indignation contre l’incurie des patrons de la mine.

Dans son livre "la mine d’enfer" Jean Claude Poitou écrit :" L’incendie qui consume depuis des jours au niveau 280 du puit, n’est toujours pas éteint, ni même circonscrit, en dépit de trois barrages successifs. Qui dit que le quatrième tiendra mieux que les précédents. De surcroît, on suffoque dans les veines à respirer les mauvais gaz ... à trois cents mètres sous terre, quelques 1795 mineurs commencent à abattre du charbon. Les galibots, ces enfants de 14 ans sont à la tâche ; les chevaux sont sortis de leur écurie souterraine et sont attelés aux berlines. Les cages sont prêtes à remonter les blocs de houille...

C’est alors que tout sauta ! ..."

Le mardi 13, alors que les corps remontés sont enterrés sous une véritable tempête de neige, la colère explose. La Compagnie de Courrières est accusée de négligences. La grève fait rapidement tâche d’huile.

Le 30 mars, l’incroyable, l’impensable survient, les hommes d’une équipe de lutte contre l’incendie découvrent à la fosse 2, 13 "rescapés", 13 survivants qui ont erré 20 jours dans les galeries...

Le jeudi 5 avril, à nouveau le miracle ! un disparu, Auguste Berthou, est découvert vivant à l’accrochage 331 du puits 4 de Sallaumines ...

La grève gagne le bassin minier du Nord Pas De Calais. La troupe intervient sur l’ordre de Clémenceau. Un officier des forces de l’ordre est tué à Lens. Plus de 30.000 cuirassiers, dragons, gendarmes et fantassins occupent les mines du bassin.
" A partir de là, c’était l’émeute. Il y a eu des barricades, des fusillades, des saccages, des charges de dragons, Clemenceau, cette fois était bien décidé à les avoir à la dure. On a mis les "meneurs" en taule, on a infiltré les syndicats, acheté ceux qui étaient à vendre. Mais son meilleur allié, c’était la misère... Et bon, quoi, petit à petit, pour pas voir leurs gosses crever, les gars ont repris le chemin des fosses..."
Extraits de "Les enfants de Germinal" de Cavana.

Jean Jaurès, dans l’Humanité du 31 mars 1906 écrit :" Toute la vie, toute la personnalité des ouvriers est engagée dans la mine. Elle est pour eux le chantier, le tombeau, le lieu d’épreuve où, pendant des jours et des nuits, ils luttent héroïquement contre la mort. Ils y laissent par centaines des camarades, des amis, des fils, des frères. Le drame de leur vie bouleversée se confond avec la tragique histoire de la mine. Il y a, en chaque galerie profonde, un peu de leur force, un peu de leur douleur, et leur cœur s’y est usé en des battements lents et tristes ou en de brusques sursauts d’angoisse. N’importe : ils n’en possèdent rien ; ils n’ont aucun droit sur elle ; ils peuvent en être chassés demain ; il paraît que la mine n’est pas le prolongement de leur personnalité.
Au contraire, en ces galeries tragiques, toute pleine de la vie et de la mort des mineurs, la mine prolonge la personnalité des grands actionnaires dont la vie s’épanouit au loin, sous le clair soleil...
"

Le fameux poète de l’époque, Jules Mousseron a publié de nombreux textes "Eune visite dins les Mines de Courrières un avril 1906"
"... Ch’est fini ! pus jamais d’caresse !
Pus d’joi’, pus d’pain et pus d’bonheur
Tous les corons ont l’même tristesse,
Tout’s les maisons ont l’mêm’ douleur !
L’détress’ n’a point passé eun’ porte,
Et l’deuil est partout dins l’cité
Qu’ont-i fait pour souffrir d’la sorte,
Ces malheureux persécutés..."

Toute la lumière n’a pas encore été faite sur les causes de cette catastrophe et les responsabilités. Des recherches nouvelles pourraient être effectuées dans ce domaine. La catastrophe de 1906 a donné lieu à un immense mouvement de réactions sociales : grèves, manifestations, scission syndicale, répression, débats parlementaires avec en particulier des contributions fortes des députés des régions minières : Emile Basly et Jean Jaurès...

Une souscription nationale permit l’édification d’un monument sur le place de la mairie. Chaque année depuis, une manifestation du souvenir a lieu le 10 mars.

De nombreux ouvrages relatent la catastrophe de 1906, parmi eux :

-  La mine d’enfer de Jean Claude Poitou,
-  Al’fosse de Jules Mousseron
-  Les enfants de Germinal de Cavanna.

Ces livres et quelques autres sont disponibles à la maison de l’Art et de la Communication.









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